Territoire des images

Carnet de recherches visuelles, par Raphaële Bertho

Et si je vous dis recherche….?

Retour à la Villa Réflexive, un an plus tard. Cette fois-ci j’ai eu envie  de faire table ouverte et d’inviter les amies à venir échanger autour de notre pratique de recherche. Un point de vue qui se veut résolument terre à terre, les mains dans la pratique, afin de contrer la vision si commune de l’intellectuel.le détaché.e de toute prise avec les aspects matériels de la vie. Or c’est  dans les aspérités du quotidien que se forge la recherche. C’est au buffet que se joue l’intérêt d’un colloque, à la cantine que l’on écrit le projet d’un séminaire, dans un trajet de train que l’on élabore un programme de recherche…

Il s’agit pour moi de tenter de répondre à une question qui revient de manière récurrente lorsque je tente d’expliquer ce que je peux bien faire de mes journées. Car si ami.e.s, famille et connaissances conçoivent facilement la dimension d’enseignement, il leur est toujours difficile de se représenter la recherche en sciences humaines et sociales. Une recherche sur les images en plus. Est-ce bien sérieux tout cela ? Que peut-on bien chercher ? Et pourquoi ?

Oui effectivement, pas d’éprouvette et de blouses blanches dans nos laboratoires. Tables et chaises, une bibliothèque et des ordinateurs : rien qui ne sorte de l’ordinaire d’un bureau classique. Quel est donc ce travail que l’on peut exercer dans un univers si commun, chez soi en pyjama ou dans le moindre événement de la vie sociale ? Il y a là une contradiction manifeste entre la valorisation sociale du métier de chercheur, sa représentation commune et sa pratique au jour le jour. L’idée est ici d’ouvrir les portes de cet univers qui doit se réinventer chaque jour entre rigueur scientifique et inventivité intellectuelle.

Mes invitées sont toutes des jeunes femmes, doctorantes ou déjà docteures, travaillant sur l’image. La démarche est sans doute incidemment militante, mais elle est surtout le reflet de mon réseau de travail, des complicités qui se sont nouées au fil des années et des projets, entre Paris, Lyon et Bordeaux. Je les remercie sincèrement d’avoir pu trouver le temps de venir, dessinant au fil des témoignages un paysage aussi riche que pluriel de nos façon de faire avec il me semble un point commun: il s’agit de se perdre pour mieux trouver!

Regarder des séries TV … pour la recherche! par Mélanie Bourdaa

Là où des collègues ont pour objet d’étude des films de la Nouvelle Vague, ou d’autres des romans noirs par exemple, les séries télévisées américaines constituent mon corpus, certes vaste, d’étude. J’en regarde donc énormément, la plupart du temps en suivant au mieux la programmation des chaînes US. Une bonne partie de mon temps de recherche est consacrée à ce visionnage plus que nécessaire.

Coulisses et souvenirs de soutenance par Aurore Fossard

Pour avoir assisté à un certain nombre de soutenances et pour les avoir débrieffé avec de nombreux jeunes docteur-e-s, chaque soutenance est unique ainsi que la façon de s’y préparer. Dans la perspective de participer à révéler « la face cachée de la recherche », je propose de lever le voile qui masque habituellement les sentiments et les micros-événements qui entourent le jour de la soutenance. Non pas qu’il s’agisse de sujets tabous, mais simplement de détails qui, par leur apparente futilité, sont engloutis dans les méandres d’une mémoire collective – et personnelle  – qui sacralise et homogénéise LA soutenance, à la fois comme une expérience uniquement intellectuelle et comme si rien n’avait existé quelques heures avant et quelques heures après. Une exploration rétrospective des faits qui ont accompagné ce fameux évènement permettent de le ressaisir, voire de se l’approprier à nouveau. Flash back. 

Exploration des fonds… photographiques par Raphaële Bertho

J’avais déjà abordé il y a quelques temps maintenant ma pratique de chercheuse, sous l’angle des outils. Cette fois je voudrai vous inviter à me rejoindre dans ce parcours si particulier que constitue la découverte et l’étude d’un fonds photographique.Où trouve-t-on cette drôle de chose ? Comment cela se présente à l’état sauvage ? Comment l’apprivoiser, le passer au microscope de l’analyse, en extraire la sève et la saveur ?

Terrains communicants : de Youtube à l’Avenue Bourguiba

par Ulrike Riboni

Doctorante à l’Université Paris VIII, je travaille sur l’usage de la vidéo numérique dans les soulèvements populaires qui ont secoué le monde arabe à partir de la fin de l’année 2010. La première partie de mon travail s’attache aux images en elles-mêmes c’est-à-dire ce qui est filmé, comment cela est filmé, et sur le contexte premier de diffusion de ces images.

Mon travail a donc commencé sur internet. Et les ennuis aussi…

Des archives à l’étude d’une œuvre par Marianne Le Galliard

La recherche est arrivée à moi petit à petit. Je ne me souviens pas m’être dit un jour : « Je serai chercheuse ! ». J’aime la solitude. J’aime autant passer des heures assise à une table, penchée sur les documents, les livres, les notes, les papiers de toute sorte que face à un écran d’ordinateur, rassemblant de manière compacte des quantités d’informations. Je sais deux choses : j’éprouve un grand plaisir à dépouiller des archives, surtout au sein d’une recherche et je suis fascinée par les fonds volumineux, la profusion des images, les quantités délirantes d’archives diverses et l’accumulation des données.

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2 commentaires sur “Et si je vous dis recherche….?

  1. Michael Bourgatte
    30 octobre 2013

    Raphaele (et les autres contributeurs),

    Pour mémoire et/ou information, votre publication me rappelle une phrase d’Edgar Morin dans « Le cinéma ou l’homme imaginaire. Essai d’anthropologie sociologique » [1956] :

    « Je considère le cinéma comme un objet, non pas périphérique, accessoire, voire risible (mes collègues se tordaient quand je disais que j’allais pour “travailler” au cinéma), mais comme un objet privilégié pour une anthropo-sociologie sérieuse, parce qu’il pose un nœud gordien d’interrogations fondamentales ».

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  2. Raphaele Bertho
    31 octobre 2013

    Merci pour cette belle citation!
    Nous sommes en effet les héritier.e.s de ces précurseurs dans la recherche sur les images contemporaines, cela ne fait aucun doute. Et si je vois encore régulièrement des collègues en sciences politiques ou économie sourire à l’annonce de ma spécialité de recherche, il faut bien reconnaître que depuis les année 1950 nos disciplines sont de plus en plus reconnues.

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Cette entrée a été publiée le 29 octobre 2013 par dans Invités, Notes, Rubriques, et est taguée , , .

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