Territoire des images

Carnet de recherches visuelles, par Raphaële Bertho

Enseignante-chercheuse 2.0, notes (1/2)

Récemment amenée à me présenter « numériquement », je me suis demandé comment décrire mon rapport aux outils numériques contemporains. J’ai donc tenté de formuler ma carte de visite numérique,  par un bref retour sur mes usages de l’informatique et de l’Internet dans ma pratique d’enseignante-chercheuse. A travers cette réflexion, ma seule ambition est de poursuivre les échanges que j’ai pu avoir avec des collègues au détour d’un couloir ou à la sortie d’un cours en partageant une expérience, toujours singulière et sans valeur d’exemple particulière.

Archéologie

D’abord, il y a l’anecdote des origines, de la première fois. A quand remonte mon usage des outils informatiques ? Ma première adresse mail ? Assez tôt en fait, étant d’une famille qui s’équipe des premiers ordinateurs et manie les lignes de code. Après avoir longtemps pianoté sur le minitel, et expérimenté les fameux Tamtam et le téléphone portable, je récupère donc un PC avec disquette qui me sert à rédiger mes dossiers dans mes premières années de fac, en 2000.

Le minitel des années 1980, le pager des années 1990, l’appareil photo numérique début des années 2000.

La machine s’emballe quand j’arrive en 2001 dans le département Photographie et Multimédia de Paris VIII. J’investis dans un ordinateur avec lecteur de CD, scanner et imprimante; je me créé ma première adresse mail; je découvre les pixels et le html. La formation opère alors son tournant numérique, et nous sommes formés tant sur la prise de vue à la chambre qu’à Photoshop, Final Cut et Dreamweaver. Enfin, en 2002, j’ai en ma possession mon premier appareil numérique, un superbe Powershot G2, écran pivotant et carte flash de 1M (avec disque dur intégré !).
Sans être une « digital native », je fais donc mes premiers pas numériques dès les années 2000 et j’observe au fil des années le développement exponentiel d’outils informatiques que je tente d’intégrer peu à peu à mes pratiques : d’enseignante et de chercheuse.

L’enseignement

C’est en 2009, lors du mouvement universitaire, que la pratique numérique rencontre véritablement un projet d’enseignement. Si je dispensais déjà à mes étudiants quelques conseils sur le maniement des divers formats d’enregistrement (la différence entre un rtf, un doc et un pdf ), c’était d’abord pour recomposer en numérique les méthodes classiques de rendus de texte pour correction puis notation.

  • Interstices

Le mouvement universitaire change la donne, d’abord parce qu’il modifie pendant quelques mois l’équilibre classique entre enseignants et étudiants. Mis sur un pied d’égalité dans la formulation d’un dialogue, il ne s’agit plus de dispenser unilatéralement un savoir. Par ailleurs, pour ceux qui ne s’en souviennent pas, il s’agit à l’époque de continuer à faire cours, mais en réinventant les formats. Les enseignants donnent alors rendez-vous aux étudiants dans les parcs, dans le tramway, organisent des lectures, etc.
A l’époque je suis chargée d’un cours sur le photojournalisme dans le département de Médiation Culturelle de Paris 3. Après réflexion, je propose à mes étudiants un atelier ouvert d’analyse de la médiatisation photographique du mouvement, basé sur le volontariat. Je me retrouve à expliquer au café en face de la fac à une quinzaine d’étudiants motivés les méthodes de constitution de corpus et les grilles d’analyse. S’engagent alors des dialogues passionnants, avec eux, entre eux, sur ces images et ce qu’elles donnent à voir d’un mouvement que nous vivons de l’intérieur, tous les jours. Dans cet espace, pour la première et la seule fois, j’arrive à intégrer à mon discours un retour réflexif sur ma courte expérience de photographe de manif menée entre 2002 et 2005 en suivant le mouvement altermondialiste. A l’époque c’est l’occasion pour moi d’apprendre par la pratique et d’observer sur le terrain. C’est à partir de là notamment que je propose une typologie des motifs de la manifestation. Les échanges dans le cadre de l’atelier  se placent non sur le plan des a priori partisans mais sur celui de la critique universitaire. Un positionnement  qui permet de réunir  autour d’une même table pro et anti grève.
A mon grand étonnement et pour mon plus grand plaisir, une dizaine de participants vont au bout de l’exercice et de la rédaction et me rendent des travaux pertinents et intéressants. Devant la qualité et la diversité de ces approches, et du fait de leur prise sur l’actualité, il apparaît nécessaire de les publier. C’est ainsi que nous nous lançons dans l’élaboration d’un blog, Clichés de Manifs.

Ce dernier est pensé d’abord comme une plateforme de publication libre et gratuite, qui permet de donner facilement de la visibilité à ces écrits. Facilement, en apparence, car je passe quelques après-midi à me familiariser avec WordPress, choisi par mimétisme. L’ensemble est mis en ligne et à la fin du mois de mai, l’adresse diffusée sur les réseaux sociaux, professionnels et familiaux. Les consultations augmentent à partir de juin, l’acmé médiatique du projet passe par un entrefilet dans Marianne en juin, qui relance la consultation.

Mais l’effet le plus intéressant de cette mise en ligne réside sans aucun doute les commentaires apportés sur les analyses par les intéressés eux-mêmes. Pour la première fois ces étudiants ont découvert que l’université n’était pas un monde isolé. Ces travaux, menés finalement dans un cadre et selon une méthodologie universitaire, sont perçus comme des éléments de connaissance et de savoir qui peuvent dialoguer avec le monde « extérieur ».

Commentaire de Patrice Leclerc sous l’article de Florène Champeau, Sur les traces d’une photographie militante: La photothèque du mouvement social.org, 4 avril 2009

L’expérience étant propre à un contexte particulier, le blog est aujourd’hui statique. La moyenne des visites par jour se stabilise à une dizaine dès le mois de juillet 2009. Elles sont dues notamment à des recherches via des moteurs de recherche avec les mots clés « photo – manif – étudiant ».  C’est aussi par ce biais que le journaliste François Béguin, auteur du blog La fabrique des images sur le Monde.fr me contacte fin 2010 pour réaliser le diaporama sonore commentant les clichés de manifs (qui a par la suite donné lieu à un débat ici-même). Une mise en lumière de ces travaux qui intervient à l’aune d’une mobilisation étudiante. L’effet de renvoie par hyperlien donne lieu au pic de fréquentation du blog le plus important depuis son lancement.

Statistiques de consultation du blog Clichés de Manifs fournies par WordPress

  • Interface

Ravie de l’expérience, je tente de systématiser l’usage du blog dans mon approche de l’enseignement. Un pari qui n’est pas simple, et demande de réévaluer l’ensemble des pratiques pédagogiques. Je fais alors un certain nombre de constats qui rejoignent ceux exposés récemment par Audrey Leblanc. Nos deux pratiques sont d’ailleurs intimement liées, puisqu’il s’agit des mêmes cours, et donc du même public d’étudiants, pendant l’année 2009-2010 pour ma part.

Ma pratique est d’abord assez basique. Dans un premier temps, je me sers du blog comme d’une interface permettant de dispenser un certain nombre d’informations à mes étudiants. Son titre est évocateur: R.Bertho-Informations.

C’est un premier usage qui vient en fait palier un déficit de la chaîne de communication chargé de cours- secrétariat-étudiants. Faire passer un message est de l’ordre du parcours du combattant  et donne lieu à des situations souvent ubuesques. Les panneaux d’affichage ne sont pas mis à jour, les listes de diffusion mail toujours incomplètes. Le blog me permet ainsi de dispenser moi-même les informations, sur les cours comme sur l’actualité culturelle. Le blog s’adresse à deux niveaux différents (L2 et L3 pour les initiés) et concerne pour chaque niveau différentes matières (Histoire de la photographie, Ressources documentaires, Conception d’un projet audiovisuel). La page d’accueil fonctionne comme un panneau d’affichage généraliste de l’actualité culturelle, puis chaque étudiant retrouve des informations ciblées dans l’onglet concernant sa matière (calendrier, ressources, plan du cours).

Le bilan de l’utilisation de cette interface durant un an rejoint largement les constats établis par Audrey Leblanc.

La première étape est effectivement celle de l’appropriation de l’outil par les étudiants. Il est très difficile les premières semaines de les habituer à une consultation régulière, au moins hebdomadaire du blog, puis les partiels accélèrent le processus. Lors du questionnaire anonyme que nous leur avons soumis en fin d’année pour évaluer le cours, le blog est finalement perçu comme un outil très pratique mais auquel ils ont eu du mal à faire appel, peu habitué à ce type d’interface.

Cette appropriation reste néanmoins au stade de la consultation passive. Invités dans ce même questionnaire à faire des propositions de modification ou d’amélioration du blog, ils plébiscitent tous un statu quo. De la même façon, l’aspect conversationnel du blog est rarement utilisé, avec seulement 9 commentaires en un an, concernant uniquement des questions pratiques qui me sont directement destinées. Il s’agit là en fait d’un usage du commentaire comme un  mode de communication interpersonnel et privé, qui se soustrait momentanément au mail.

En fin d’année, le blog se découvre un aspect  plus convivial avec la  valorisation  les travaux réalisés dans le cadre des ateliers de pratique spécialisés. Une mise  en ligne de présentations succinctes des projets, et un renvoi vers les sites et blogs créés pour l’occasion, permet de donner à voir pour les étudiants du cours, ceux des années suivantes et l’ensemble de l’équipe enseignante, le travail réalisé. Le blog sort alors d’une fonction purement informationnelle: il permet de créer un lien non seulement entre deux acteurs au statut différent, enseignant et étudiant, mais, à travers le temps, entre les étudiants. Un aspect que je n’ai malheureusement pas l’occasion d’exploiter. L’année suivante, mes cours prennent un contour totalement différent, ce qui déplace l’expérimentation. Cette pratique du blog est alors reprise, et augmentée, dans le développement du Coin de Censier par Audrey Leblanc.

  • Pédagogie numérique

C’est finalement sous un autre aspect que les outils numériques et les développements Internet interviennent dans mes enseignements, notamment dans le cadre des Ateliers de pratique spécialisée.

Peut-être est-il utile ici de revenir brièvement sur les objectifs et le contexte de ces enseignements. Ils prennent place dans la nouvelle maquette de Licence de Médiation Culturelle de Paris 3 proposée à partir de la rentrée 2009. Les étudiants de licence doivent alors choisir de suivre en deuxième et troisième année un « parcours » qui leur permette, à compter de cinq heures de cours par semaine, de se spécialiser dans un domaine particulier. Chacun de ces parcours propose ainsi deux heures d’enseignement de la spécialité, une heure sur l’histoire et deux heures d’atelier de pratique. Dans le parcours Image, ces ateliers de pratique sont organisés en L2 année autour de la découverte des ressources documentaires audiovisuelles et de leur exploitation, et en L3 autour de la création de contenus audiovisuels dans le cadre d’un projet culturel.

Par delà cette orientation générale, le caractère ouvert de la définition de ces ateliers en fait un lieu privilégié pour l’expérimentation pédagogique. L’idée est de tenter de sortir du modèle conventionnel de l’enseignement universitaire pour aller vers un format d’atelier de pratique, où le rôle de l’enseignant est surtout d’encadrer les réalisations. Il s’agit alors de donner les moyens aux étudiants de créer leurs propres outils de communication numérique.

La formation aux outils numériques

Projets culturels (promo L3 2009-2010)

Dans le cadre des ateliers de pratique spécialisée de troisième année, l’idée est de faire en sorte que les étudiants accompagnent la création d’un projet audiovisuel au premier semestre, puis travaillent à sa médiation culturelle au second. Cette dernière passe, entre autre, par une communication numérique via Facebook, Twitter ou la création d’interfaces dédiées, comme un blog.  Cyril Thomas,  à l’époque doctorant du Co-design Lab and Media Studies de l’ENS Télécom, et moi-même co-animont la seconde partie de ces ateliers, dédié à la création d’environnements visuels de médiation culturelle. Quelle n’est pas notre surprise de découvrir la quasi incapacité de ces jeunes gens à produire de l’information originale sur des supports numériques. L’étonnement est d’autant plus grand que nous partions persuadés que ces « digital natives » allait nous prendre de vitesse dans la maîtrise des outils. Or au bout de quelques semaines, nous faisons déjà le même constat qu’Audrey : ces étudiants sont de purs consommateurs de ressources.

Il y a plus, ils ignorent l’existence de réseaux comme Twitter ou Second Life et partent d’un a priori négatif sur leur utilisation, dans une sphère privée comme publique. Incompréhensibles pour eux, ces outils sont inutilisables. Dans les débats autour de ces outils numériques, les plus conservateurs sont ici les jeunes gens, qui pour certains n’ont même jamais été testé les plateformes en question. On se retrouve à donner comme exercice obligatoire l’exploration de Second Life afin de fonder nos échanges sur des arguments personnels…

L’expérience se révèle ainsi très enrichissante pour nous, et nous oblige à revoir complètement l’architecture du semestre. Nous accompagnons donc pas à pas les étudiants dans cette appropriation des outils du point de vue de la production de contenu. Une démarche qui semble indispensable, même lorsque les étudiants sont volontaires pour créer les plateformes.

Page Facebook créée par les étudiants pour faire connaître l’un des projets.

Faut-il alors repenser les formations initiales universitaires et introduire dès les premières années des cours sur l’usage des TIC ? J’en suis persuadée, et ai par exemple milité pour la présentation de Zotero dans le cadre de cours de méthodologie de première année. Il me semble en effet qu’on ne peut plus se contenter de déplorer le manque d’expérience ou de maîtrise des outils par les jeunes générations étudiantes, il faut repenser les structures de formation.

La mise en place d’un dialogue

Festival documentaire,  (promo L2 2010-2011)

L’année 2010-2011 est celle d’un projet ambitieux, mené avec la promo de L2 du Parcours Image et en partenariat avec l’ECPAD. Objectif final : un festival de films documentaires et une exposition photographiques à partir des fonds de l’ECPAD sur le thème de la guerre d’Algérie. Et un pari de taille : faire travailler ensemble et de concert 35 étudiant-e-s de Paris 3, les coordinateurs de projet basé à l’ECPAD à Ivry, et moi-même qui suis cette année là en poste à Lyon. L’absence de centralisation physique des acteurs, qui n’appartiennent pas aux mêmes structures (on ne peut donc utiliser les réseaux internes), est compensée par la mise en place d’un réseau de travail basé sur la mise en ligne des documents.

L’idée est de créer une architecture souple, efficace et basée sur des logiciels gratuits. Une autre difficulté tient au fait que nous devons faire en sorte que les étudiants travaillent en groupe, lesquels sont interdépendants entre eux. En effet, ceux qui rédigent le dossier de presse ont besoin de savoir où en sont les groupes qui travaillent sur la mise au propre de la programmation, etc.

La plateforme Dropbox apparaît alors comme répondant à ces critères. Pendant toute la durée du projet, elle nous permet, aux étudiants comme aux enseignants, de pouvoir consulter les travaux des uns et des autres. Pour les coordinateurs du projet, elle autorise à la fois à effectuer une veille et des corrections quasi-immédiates, tout en mettant rapidement des documents à disposition.

La mise en place d’un tel système n’est pas aisée, et est relayée par des rencontres physiques régulières prenant place dans une salle de réunion (et non de cours, c’est important) et par l’échange de mails. Cette dernière pratique, que nous sommes obligés de codifier pour rendre lisible le flux, nous donne l’occasion d’enseigner aux étudiants les us et coutumes des échanges mails. Un ensemble de codes et de méthodes qui les introduisent véritablement à la vie professionnelle, mais aussi au dialogue dans le cadre de l’avancée d’une réflexion.

D’ailleurs nous  mettons quelques semaines à expliciter notre attente première : quelle est leur propre regard sur le thème, comment abordent-ils ces archives et cette période ?  Nous sommes curieux de leur regard sur ces archives et cette période. Une marge d’autonomie qui, on le constate, déstabilise en premier lieu, voire même est perçue comme une difficulté. Que faire si on ne sait pas quel est le résultat attendu ? L’instauration de cet espace de proposition se fait au final tant dans le discours que dans les actes me semble-t-il. En effet, nous instaurons des espaces d’échanges tant physiques, sous la forme de réunions, que numériques, via les mails et la dropbox, où nous partageons des documents en cours de réalisation. Si nous ne nous défaisons pas de notre position d’autorité, nécessaire à la cohésion de l’ensemble, l’activation d’un dialogue passe alors par la mise en place de stratégies numériques relayées dans l’espace physique.

Le blog créé par les étudiants afin de promouvoir le festival.

Pour conclure provisoirement le récit de ces diverses expériences, je dirai que je suis convaincue aujourd’hui qu’il est primordial d’intégrer, de façon pertinente évidemment, ces outils numériques à nos pratiques pédagogiques, mais aussi d’avoir une pédagogie de ces outils numériques. L’un et l’autre poussent à une remise en cause des frontières, des contenus comme de la forme des enseignements : c’est un sacré pari à chaque fois.

Des outils numériques qui vont peu à peu irriguer une autre pratique, celle de la recherche.

5 commentaires sur “Enseignante-chercheuse 2.0, notes (1/2)

  1. Audrey Leblanc
    24 mars 2012

    Merci pour ces témoignages précieux et riches sur ces expérimentations et pratiques universitaires numériques. Une belle occasion, en effet, de mentionner les généalogies en médiation culturelle à censier ;-).

    Pour ma part, à l’inverse de ce que tu décris pour toi, c’est l’activité de recherche qui a irrigué l’activité pédagogique.
    André Gunthert a depuis longtemps souhaiter développer au sein du Lhivic une pratique des outils numériques avec ses étudiants. C’est ainsi que nous avions d’abord alimenté un premier blog collectif au groupe, outils qui permettait de poursuivre nos discussions d’atelier: http://lhivic.org/atelier/. (Premier post le 5 mars 2008: http://lhivic.org/atelier/?p=13).
    À l’époque Culture Visuelle n’existait qu’à l’état de doux rêve dans la tête de son créateur et fondateur mais c’était fort de ses expériences fécondes avec ARHV – http://www.arhv.lhivic.org/ – qu’André Gunthert souhaitait nous initier à ces pratiques. C’est pourquoi, il a aussi organisé plusieurs séances de transmission et d’apprentissage de certains outils (flux rss, réseaux sociaux, bookmarks commun au labo etc.). Nous pouvons dire au Lhivic que nous avons eu la chance de bénéficier d’enseignements de pratiques numériques dont il nous serait aujourd’hui bien difficile de nous passer.
    Et le cadeau – immense – qui est venu couronné le tout a été évidemment la plateforme Culture Visuelle!
    Mon envie d’ouvrir un blog pour accompagner les cours donné à Censier, à ta suite, venait tout droit de ces expériences-là : expériences des pratiques numériques mais aussi expériences pédagogiques de l’enseignée puisque tout ce qu’André avait eu le bon sens et pris la peine de nous transmettre a été pour moi extrêmement précieux.

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  2. Raphaele Bertho
    25 mars 2012

    Merci pour ton commentaire, qui éclaire sous un nouveau jour cette question de l’usage des outils numériques dans nos pédagogies, et notamment fait que nos chemins pour arriver à cette pratique ont été assez différents.
    Tu as raison de mentionner le caractère novateur du Lhivic, que je suivais à l’époque de loin. Une expérience qui, même si je n’y ai pas pris part directement, a sans aucun doute été motrice dans mon envie de me frotter à la forme du blog.
    Mais contrairement à toi je n’ai pas eu la chance d’être accompagnée dans cette découverte. Mon approche et ma maîtrise des outils ont été en grande partie autodidacte, largement soutenue par les conseils occasionnels d’autres « pratiquants », beaucoup de forums et de tutoriels. Un parcours qui, il me semble, est plus proche de la moyenne des enseignants chercheurs qui aujourd’hui utilisent ces outils.
    Et c’est sans doute ce parcours qui m’a induite en erreur lorsque j’ai voulu me lancer dans un usage de ces outils dans ma pédagogie. Je suis partie de deux présupposés faux: d’une part que mes interlocuteurs, du fait de leur jeunesse, maîtrisaient eux-aussi ces outils; et d’autre part que cet apprentissage s’était fait, comme pour moi, par l’exploration et la recherche. La pratique m’a fait comprendre que je me trompais, et qu’au contraire les étudiants étaient avides d’apprentissages dans ces domaines.
    Pour élargir la réflexion et faire la boucle avec l’article d’André Gunthert http://culturevisuelle.org/totem/1617/comment-page-1#comment-3167, il semble que le constat est celui d’une urgence contemporaine: celle de penser l’intégration structurelle de ces apprentissages dans les cursus de formation, primaire, secondaire ou universitaire.Non?

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  3. Louise Merzeau
    26 mars 2012

    Bravo pour toutes ces initiatives et merci de les partager avec nous. C’est comme cela qu’on arrivera à réformer nos pratiques pédagogiques tout en élaborant et transmettant une culture numérique.
    Une question rabat-joie : comment parviens-tu à concilier ces nouvelles formes de travail (atelier, mails, dropbox…) avec l’exigence de notation émanant de l’institution ?
    Une autre question rabat-joie : comment fait-on quand on a des groupes de 60 à 90 étudiants pour travailler sur des projets de manière collaborative ?…

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  4. Raphaele Bertho
    27 mars 2012

    Merci Louise pour ton enthousiasme, ce billet est d’ailleurs directement issu de nos échanges en marge de l’atelier dl du web!
    Effectivement, l’introduction des ces outils dans la pédagogie pose pas mal de questions organisationnelles.
    Du point de vue de la notation, mon expérience est celle de Paris 3, ou nous avions distingué plusieurs modalités de validation. Pour les ateliers de pratiques spécialisées, les étudiants étaient notés d’abord sur leur évolution, sans exigence de résultat. La notation du semestre se répartissait selon deux axes principaux: deux présentations orales et écrites sur leur expérience d’atelier avec un retour critique sur leur pratique ( une à mi-semestre et un bilan final devant un jury extérieur ), associées à une prise en compte de la qualité du suivi au long du semestre. L’idée étant alors 1. d’évaluer plus l’engagement et l’apprentissage que le résultat, parfois incertain 2. de rendre collégiale la notation avec le jury de semestre. Ceci n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autre j’imagine, une chose et sûr: la dissertation sur table devient difficile dans ce cadre.
    Pour ce qui est des effectifs, j’ai effectivement toujours travaillé avec des groupes restreints, de 20 à 30 étudiants et en étant au moins deux enseignants pour autoriser un véritable suivi, des espaces de débats et de réflexion en commun. Une exigence qui est dûe notamment à la nécessité d’aborder les questions de forme (usage des outils numériques ) tout autant que celles de fond (enseignement classique). Peut être que le problème se poserai autrement si les étudiants avaient la possibilité de suivre des enseignements de méthodologie associant des apprentissages numériques par ailleurs? L’idee n’étant pas alors de figer les outils comme les usages ( ce qui paraît absurde ajdh) mais plutôt d’aborder cet univers numérique afin de rende plus aisée son intégration par la suite dans les pratiques enseignantes comme étudiantes.

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Cette entrée a été publiée le 24 mars 2012 par dans Enseignement, Notes, Rubriques, et est taguée , , .

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