Territoire des images

Carnet de recherches visuelles, par Raphaële Bertho

Alain Bublex – Contributions

Exposition à la Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois

du 17 octobre au 26 novembre 2011

Communiqué de presse

Alain Bublex - Contributions

Quel est ce voyage auquel nous convie Alain Bublex ?

Sûrement pas celui du flâneur de Baudelaire, ni celui du touriste en mal de Tour Eiffel. C’est un voyage au cœur de l’urbanité du XXIe siècle. Car le constat est unanime : Paris a disparu. Du moins cette ville conçue comme entité autonome et autosuffisante. Elle cède aujourd’hui la place à une métropole aux multiples facettes, déployées au gré des réseaux de transport et communication. Devenue « aire métropolitaine », Paris doit repousser ses frontières historiques du métro et du périphérique pour se déplier le long des voies du RER et des lignes de tramway.

Prenant acte de cette nouvelle physionomie, Alain Bublex tente de donner un visage à une métropole qui ne s’incarne que dans les plans et cartes aux tracés colorés et abstraits. Observateur méthodique, il s’écarte de la posture de l’explorateur adoptée par Maspero en son temps (Les passagers du Roissy-express, 1990). Il s’agit ici d’une expérience, protocole rigoureusement développé et appliqué à l’ensemble du RER francilien. Le dessin des lignes du réseau et la cadence des trains détermine le parcours et le rythme des prises de vues.

Alain Bublex se désintéresse des paysages traversés, ou de ses compagnons de voyages, pour se concentrer sur ces nouveaux ports installés le long des fleuves ferroviaires : les gares. Il semble ainsi mettre à l’épreuve la volonté des urbanistes de faire des gares les nouveaux points de centralités de la métropole. Dans son exploration des abords et rues adjacentes, il ne s’agit en aucun cas d’élaborer un inventaire des structures et infrastructures ou de rendre compte de la spécificité des lieux. Tout en proposant une vision fragmentée du tissu urbain, Alain Bublex souligne les correspondances, les interconnexions de ce territoire, pour rester ici dans le rail. Pas de non-lieux, seulement des lieux communs, lieux de l’expérience partagée, de la quotidienneté, mais aussi des lieux de la banalité.

Une esthétique de l’ordinaire qui fait alors écho aux travaux des photographes américains des  News Topographics des années 1970, mais aussi et surtout à ceux du projet de la Mission photographique de la DATAR des années 1980. Envoyés sur les routes pour représenter un territoire français en mal d’identité, les photographes missionnaires tentent de redonner une cohérence aux paysages contemporains. L’approche d’Alain Bublex est différente néanmoins, car la recherche de cohérence n’est plus dans l’image elle-même, mais dans l’accumulation des clichés. Une sérialité qui fonctionne comme un dialogue entre les parcelles d’un territoire souvent considéré comme éclaté. La stratégie mise en place aboutit ainsi à un panorama à la fois fidèle et surprenant : une forme urbaine affleure à la surface des flux.

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Cette entrée a été publiée le 23 août 2011 par dans Agenda, et est taguée , , , .

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